Melting-potes

15 juin 2012

Pêcheur de rêves

 

 

peinture de rue Valencia (Espagne)

 

 

Si le rêve m'égare

A l'idée que le jour

Serait couleur de suie...


Débouche l'horizon

Asperge-moi de bleu

Le temps de nous aimer...

 

Attache-moi le temps

Jusqu'à l'ultime grain

Pour écouler nos heures

En offrande au silence...

 

… D'un soupçon, d'une trace

A nous pousser des ailes

Aux courbures du soleil

Affole-moi le Nord !

 

J'esclave du souvenir

A danser le rappel

Sur ton visage heureux...

… Ces moments d'entre-nous

 

Est-il vrai qu'on espère

Parmi tout ce qu'on perd ? 

 

*

BA 

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11 juin 2012

Bienséance

« Un Kenzo noir en lin ». Quand sa sœur est morte, Mika se voyait déjà, le regard et l’allure de circonstance dans un  magnifique costume en lin noir ! Et il se ravissait de l’occasion d’encore une fois pouvoir se déguiser en gravure de mode. Pas que ça prit plus d’importance que c’en aurait dû  avoir, mais si tout de même… ça lui traversait l’esprit et ça ne faisait pas que le traverser…ça stagnait dans des détails tous aussi byzantins les uns que les autres. Tant est si bien qu’il s’en voulait un peu de reléguer au second plan des trucs… primordiaux. Des trucs comme par exemple la mort de sa sœur.

The D-Day, alors que le corps et la boite disparaissaient dans les flammes, derrière des tentures prévenant tout type de malaises, gesticulations, crises en tout genre, bref, humanité débordante, et ce, sous une musique choisie expressément par la défunte : « I feel all right » (la version des Stooges pas celle des Damned, elle avait de la mesure dans ses excès), Mika regrettait de ne pas avoir su activer  sa Mutuelle afin que celle-ci pût lui fournir les Police dont il rêvait. Bah ! Ses Ray-ban n’avaient qu’un an, après tout…

La foule en pleurs et à moitié sourde se donna rendez-vous l’après-midi pour la « Jetée », « Dépose », « Dispersion » des cendres dans le « jardin des souvenirs ». Entre temps, une petite « réception » chez les parents permettrait de refaire connaissance, de refaire l’histoire, de refaire la vie et occasionnellement de frimer dans un costume en lin noir.

« - J’aimais beaucoup votre sœur. D’abord pour le domaine que j’enseigne, le Français, ensuite, comme personne, c’était une fille imprévisible, sauvage, attachante… Dans cette histoire de suicide, ce qui me chagrine le plus, c’est qu’elle ait détruit son visage. Il faut avoir de la détermination pour dégoupiller une grenade en enserrant le culot d’icelle de ses propres quenottes. Qu’elle avait si régulières d’ailleurs.

- Comme vous dites… Elle s’est bel et bien fait sauter le caisson… »

Il pensa d’abord que son costume en lin faisait l’effet escompté. Puis, se ravisant, il découvrit que la prof de Français qui lui adressait la parole n’y voyait goutte. Aveugle comme Ray.

« Puis-je vous toucher le visage ? Je sais, cela peut paraitre un tantinet cavalier, mais vous savez, les bouts de mes doigts sont mes antennes. On m’a menée à vous. Je sais que vous êtes le frère de Laure. Je tenais à vous rencontrer. »

L’autre, sans coup férir, se fit tripoter le contour des lèvres, les paupières, les ailes du nez, les tempes, les joues, la naissance du cuir chevelu, les lobes, comme s’il se faisait lire l’âme.  Elle ne le gifla pas lorsqu’après avoir récupéré un monstrueux paquet de cyprine de dessous sa jupe, il lui enfourna les doigts dans la bouche.

Arc-de-cercle. Fosse. Fleurs. Exagérées touches alizarines. Vent de Nord-Est/Sud-Ouest. Il pleut. Des seaux ! On « jette », « dépose », « disperse » les cendres. Le lin teinté tique.

 

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05 juin 2012

Si loin de soi

 

photo Edouard Boubat

 

 

Voici que la nuit descend

Et j'en oublie l'Amour

Sur les cordages de l'ennui

...

V i e n s 

...

Raconte-moi la mer

Cet ailleurs sans retour

...

Je pleure           comme on s'absente

Dans l'encre délavée

Où le verbe s'échoue

 

Je pleure           comme on disparaît

Au coin d'une vague

Où le néant prend vie...

 

Et...

 

Vains s'en vont les rêves

En ébullition

Le long des calices à boire

Dans la liquidité des mots

A façonner un monde comme un livre

Un piège vide au creux de mes mains

Où tu passes et je cours...

Où tout passe et tout glisse

Où j'essaie de retenir, emportés au large

Tes mots à marée basse

Par crainte de tomber

 

e n s...

 

Raconte-moi encore

La mer...

Cet ailleurs sans retour

Dans un reflet de lune

Que le sable caresse

....



BA 

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01 juin 2012

"Karoo" - Steve Tesich - Roman étranger

 

 

Faux_livre_Karoo+

 

 

        Ce roman, c'est dit-on « Le livre qu'il faut lire !!! » Un chef-d’œuvre achevé quelques jours avant sa mort. L'incontournable Odyssée 2012 ! L'ambitieux portrait d'un homme sans cœur, à l'esprit tordu qui vous tient en haleine jusqu'au bout. Le livre qui vous picote l'envie jusqu'à vous embraser l'esprit. Le livre qui possède indéniablement des qualités qui le place au-dessus des productions actuelles.


      - Karoo, le « Doc », bosse dans l'industrie du cinéma Hollywoodien ; un maître dans l'arrangement , dans le peaufinage et la réécriture de scénarios... Il traîne son demi-siècle avec un état mental qui se dégrade tentant de recoller les morceaux de sa désastreuse vie. Toujours se plaçant comme observateur, à l'écart du commun des mortels sur lesquels il pose un regard ironique et bouleversant. Sa fuite désespérée devant toute forme d'intimité le façonne différemment suivant les névroses qu'il se plaît à goûter avec une lucidité inoxydable. On s'attarde sur son humour corrosif, on s'étonne de son cynisme sournois, notre émotif catapulté dans l'extravagance... Il paraît que la chute est à la fois homérique et pathétique...

 

J'y cours.......

 

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29 mai 2012

Peindre...

 

peinture

Peindre

 

Dans un morceau d'éternité

Le temps... L'amer...

 

ça prend, ça creuse

en mode survie

trop loin du port

ça gueule, ça grince

de houle intime

plus noire que l'océan

Ces petits presque rien

Les grands écarts d'âme

d'un cœur très ordinaire

à s'en faire péter les tympans

à l'abri des regard ou j'ai toujours pieds

dans cet enfer bêtement ensoleillé …

 

Clouer un mot ou deux

comme un tremblement de taire

dans un grand trou sans bord

à l'arrière de mes lèvres

un chant différent

l'esprit ailleurs

dans le sang des chimères

à dessiner des petites croix

Pour m'occuper le mal...

 

Et puis... Tout refourguer sur eBay

En 5 minutes !

C'est si long sans respirer

Quand la mer monte

 

BA

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