A marée haute

 

Perçois l’orageux soir, il embrase un lavis

Ecartelé, veiné de pourpre, d’indigo,

Il embue le regard tant il gronde des mots

Assoiffés de l’écho que le lointain dévie…

 

Entre tendre douleur ! Réclame moi ton eau 

Déleste à mon vertige un grain de poésie.

Etrange main de feu dont se nourrit l'envie

Murmure-moi le chant de la pluie sur sa peau,

 

Rive à l’arbre du temps le hamac arc-en-ciel,

Flagellé d’éclairs, liens, instants gansés de miel,

Où se verse et se berce un  flux doux, une danse

 

Des yeux par lesquels seuls perle un bleu outre-mer

En frissons haletants, et dans l'aube en partance

Tu nages... Autant que je me noie, passagère.


*

Lô & Mahea